Construction d'un Mesker

Construction du Mesker

 Le Mesker est un bateau voile-aviron de 4,35 m. Il est bordé à clins larges en bois massif, le fond est une sole. Il peut aussi être bordé en contre plaqué.

 

François Vivier en est l'architecte, il a mis les plans à disposition, ils sont téléchargeables en PDF. Nous le remercions encore pour ce geste généreux, d'autant plus que ce bateau est vraiment une grande réussite.

 

 

          Voilure et gréement_0002.jpg 

 

Construction de la coque

Rivetage

Aménagements

Espars

Essais

 

 

RIMG0866.JPG 

 

 

La construction se passe sur la Base de Loisirs de Léry-Poses, dans la travée où il y a quelques années, j'avais construit les Yoles de Bantry au mouillage.

 

C'est là que se trouve le chantier naval Cursus Voile et Patrimoine.

 

 

Construction de la coque

 

 

 

01 le bois de la forêt de bord.JPG   02 le bois.JPG

 

Le bois a été trouvé chez Normandie Bois, c'est du bois poussé, coupé, scié, séché et façonné en Normandie.

Il y a aussi du pin scandinave pour les espars, et du sappeli pour la sole.

 

 

05 membrure lamellée.JPG  06 étrave lamellée.JPG

 

 

Les gabarits en médium ont été tracés selon les plans, puis on a construit ces moules. Nous avons ensuite ployé les lattes de frêne et d'acacia encollées pour fabriquer ces couples en lamellé.

 

La varangue est en acacia, les liteaux en bois de pays serviront au montage sur le chantier. A gauche un couple,  il y en a 5 en tout, à droite l'étrave.

 

 

 

 

08 alignement couple.JPG      11 le squelette.JPG

 

Le chantier est mis à niveau dans tous les sens, Puis les couples sont vissées contre les barreaux, la ligne de flottaison et l'axe servent de repères, Avec un niveau laser, le travail est facilité. L'espacement entre les couples est décrit dans le plan.

 

Comme sur la plupart des bateaux, les cloisons arrières se posent derrière le barreau et celles de l'avant devant. C'est comme cela que les architectes conçoivent les bateaux.

 

 

 

12 collage pour la sole.JPG   14 Préparation de la sole.JPG

 

La sole consiste en plusieurs planches de sappéli collées à chant les unes aux autres. Assemblage rainure languette. Colle polyuréthane. Ensuite la sole est découpée selon le plan. On peut y pratiquer la fente du puits de dérive, si on est sûr des mesures et qu'on a laissé du gras au traçage.

 

 

 

16 vissage.JPG   18 traçage.JPG

 

 

AVANT DE POSER LA SOLE, NE PAS OUBLIER LES ANGUILLETS AU COIN DE CHAQUE VARANGUE.

 

La sole est vissée collée aux varangues, avec du mastic colle polyuréthane. Si elle a été ajustée à la tombée de chaque varangue, il est possible de tracer le chanfrein avec un trusquin.

 

 

 

17 sole vue du dessous.JPG

 

 

La sole réunit tous les éléments de la structure entre eux, jusqu'à lors, on avait des parties de bateau disparatres, maintenant on a une charpente monolithique qu'on peut déjà appeler bateau, on peut se représenter le volume qu'il va occuper dans l'espace.

 

 

 

 

19 rabottage.JPG   20 sole shapée.JPG

 

 

La sole est rabotée tout autour. Le chanfrein a une dimension constante, en partant de l'équerrage du bout des varangues.

 

En fait pour poser le bordage on a besoin d'un chanfrein avec une pente régulière tout autour.

 

 

 

21 gabarit posé.JPG  

 

Le premier bordé est posé. Un gabarit en médium est vissé à la place du bordé suivant. Il est plus étroit que le bordé lui même.

 

Il est visé contre les membrures sans contrainte aucune. Si il est en plusieurs morceaux, ils sont reliés par des contreplaques. Chaque liaison comporte au moins 5 vis afin que lors du démontage elles ne prennent pas de jeu.

 

L'idée est la suivante: ce gabarit va être la représentation plate d'une forme courbe qui ne se courbera que dans un sens. S'il est contraint de manière infime dans une autre courbure, il risque de casser. Le bois, et beaucoup d'autres matériaux ne peuvent se courber que dans un sens.

 

 

 

22 traçage au poisson.JPG   22v traçage du poisson.JPG

 

 

Sur le gabarit, on trace les axes de membrures puis le pourtour du poisson en le positionnant sur le haut et sur le bas de chaque membrure, en haut du chanfrein, et en bas là où le bordé doit arriver. Vous pourrez voir sa description sur la page "tracer un bordé",

 

Quand on a bien pris tous les repères dont on pense avoir besoin, et même les autres, on dévisse le gabarit des membrures et on le pose directement, délicatement, toujours sans aucune contrainte sur la planche qui deviendra bordé.

 

On reporte les dessins du poisson sur le repère qui représente l'axe de membrure qu'on a tracé sur la planche.

 

 

 

23 report du poisson.JPG   25 latte souple.JPG

 

 

Une pointe est plantée à chaque intersection poisson axe de membrure. Puis une latte souple est posée contre tous les clous.

 

Si une pointe n'est pas dans la courbe, si la courbe prend une forme concave (ça arrive dans certains cas comme un retour de galbord, un bordé de préceinte avec une tonture... mais la plupart du temps, c'est une erreur), il faut comprendre pourquoi et corriger.

 

Penser qu'on peut toujours en enlever, mais qu'on ne peut pas en ajouter. Mais si on en laisse trop, le travail va être long et rébarbatif. Il faut que le traçage soit EXACT.

 

 

 

26 bordé cécoupé.JPG   27 bordé avec chanfrein.JPG

 

 

Une fois tracé, le bordé est découpé trait apparents, plutôt à la scie circulaire avec peu de profondeur, puis le chant est raboté. Les trous des pointes sont un excellent repère, on doit juste les effleurer. Il est mis à l'épaisseur avec la raboteuse. Ensuite le chanfrein est raboté.

 

 

28 essai.JPG   29 présentation.JPG

 

 

Plusieurs essais sont nécessaires pour que le chanfrein corresponde exactement à l'autre et  pour l'ajustage. Le bordé est prêt quand il est absolument complémentaire au clins précédent et qu'il touche la membrure.

 

 

31 vue de dessus.JPG

 

 

Quand on est satisfait, les membrures et le clins précédent sont enduits de mastic colle polyuréthane, on serre jointe le bordé en place, et on le visse dans les membrures en partant du milieu. C'est pas fini.

 

 

 

32 canaps.JPG

 

 

Construction à clins  :  canaps.

Pour serrer correctement les clins entre eux, on se sert de ces grandes pinces à linge, ou pinces à cornichons, au choix, sur ce bateau, on a besoin de 2 canaps par maille, il y en a 7 donc il nous faut 14 canaps pour la pose d'un bordé.

 

28 si on veut faire les 2 cotés dans la même journée. La bonne nouvelle, c'est que ça n'existe pas dans le commerce et qu'on les fabrique.

 

 

 

34 Bordage.JPG    34 préceinte arrière.JPG

 

 

 Le bateau est presque entièrement bordé, le pin sylvestre prend son éclat et forme un contraste avec le tableau en chêne. Le renfort de préceinte a été posé avant la pose du dernier bordé.

 

Avant la pose de chaque bordé, la partie haute (basse quand le bateau est retourné) comporte un chanfrein constant de 25 mm afin de recevoir le chanfrein du bordé suivant. Celui-ci n'est pas constant à cause des courbes différentes du bateau et demande un traçage précis qui peut se mesurer à l'aide d'une toute petite fausse équerre ou par mesure en présentant le bordé non encore chanfreiné.

 

 

 

37 Pose de la contre-étrave.JPG   38 contre étrave laméllée.JPG39 premier enduit.JPG

 

 

L'étrave reçoit plusieurs lattes d'acacia lamellées en guise de contre-étrave. Le puits de dérive a été ouvert, les quilles d'échouage ont été posées.

 

Les avant-trous de tête de vis sont en train d'être rebouchés.

 

 

 

41 peinture et taquets.JPG

 

 

Une première couche d'impression a été passée : le bordage a eu lieu pendant l'été, protéger le bois semblait une bonne idée. Il y en aura d'autres.

On a aussi installé une manufacture de taquets, passants et autres margouillets.

 

 

 

50 Prêt pour le retournement.JPG     51 bateau retourné.JPG

 

 

Retournement. Tous les bois de montage ont été désolidarisés du chantier. Malgré le raclage de la colle à l'intérieur à chaque pose de bordage, il y a pas mal de nettoyage à faire.

 

 

 

 

52 nettoyage intérieur.JPG53 renforts arrière.JPG

 

 

 Les renforts de tableau sont en chêne, le coin est laissé creux afin de permettre l'amarrage et la circulation de l'eau. Plusieurs trous y sont pratiqués pour le même usage.

 

Le Rivetage

 

01 outillage pour rivetage.JPG    02.JPG

 

 

Le rivetage est un travail de longue haleine, il demande une certaine organisation et requiert des outils qu'on ne trouve pas forcément dans le commerce :

 

un tas, qui n'est pas sur la photo mais qu'on peut voir sur les suivantes, le notre n'est pas tout à fait assez lourd, on pallie à ce défaut en y mettant une massette derrière.

 

Une bouterolle, c'est à dire un tube creux qui permettra de poser la contre-rivure sur le rivet lui-même.

 

La calculatrice n'est pas sur la photo par erreur :elle permet de calculer l'espacement entre les rivets dans chaque maille. Le réglet permet de tracer une ligne au milieu du chevauchement des deux bordés.

 

 

 

05 perçage.JPG   06 pose rivet.JPG

 

 

 Un avant trou est percé de la taille de la tête de rivet, puis un trou de la taille du carré du rivet (les notre sont de section carré). Les rivets sont enfoncés avec le marteau.

 

 

 

 

07 chasser le rivet.JPG   08 tenir le rivet à l'extérieur.JPG

 

 

Puis ils sont chassés au fond de leurs trous avec un chasse clou de la taille de la tête du rivet. Ensuite il est solidement maintenu à sa place à l'aide du tas. Tout ça se passe à l'extérieur.

 

 

09 pose de la contre-rivure.JPG   11 découpe du rivet.JPG

 

 

A l'intérieur, la contre-rivure est posée à l'aide de la bouterolle, elle a une forme demi-sphérique et doit rester demi-sphérique, elle entre en contact avec le bois, mais n'est pas écrasé à plat.

 

Sur les vieux bateaux, on les voit tout écrasées, mais c'est parce qu'ils sont vieux. La propriété première du rivet est que sa forme lui donne une certaine élasticité qui permet la variation dimensionnelle du bois, s'il est écrasé, autant mettre un boulon avec sa rondelle, ce qui est une mauvaise idée.

 

Puis le rivet est coupé. Académiquement on dit de laisser la hauteur du diamètre de rivet.

 

 

 

12 tenir et frapper.JPG  15 résultat.JPG

 

 

Pratiquement, chacun fait comme il veut suivant son expérience, du moment qu'il le mate correctement.

 

Le matage consiste en petits coups de marteau, ça résonne dans tout le bâtiment, et longtemps parce qu'il y en a beaucoup à poser, Le rivet est "posé" quand la partie matée n'est plus distincte de la contre-rivure et qu'elle garde sa forme demi-sphérique.

 

A l'intérieur le rivet ne doit pas accrocher le pull en laine du skipper, ni la culotte de toile de l'équipier.

 

 

 

14 résultat.JPG

 

 

Voilà ce que ça donne dans une maille, avant peinture, ça a un certain charme dont les amateurs de vieux gréements sont friands.

 

 

 

 

Les aménagements

 

54 pose des serres de banc.JPG   56.JPG

 

 

Pose de la serre de bancs. Les nôtres sont en frêne avec un petit grain d'orge comme décoration. Les canaps prouvent leur utilité une fois de plus

 

 

 

57.JPG   62 Reserves flottabilité.JPG

 

 

Les serres de bancs déterminent la hauteur de tous les aménagements.

 

Derniers ponçage et nettoyage avant la peinture intérieure. Plusieurs couches, il est plus facile de la faire avant les aménagements.

 

 

 

 

59 supports de bancs arrière.JPG    60A supports de bancs avant.JPG

 

 

Pose provisoire des traverses qui recevront les bancs. elles sont en bois rouge par soucis de durabilité. Eux aussi seront peints.

 

 

 

60B le banc.JPG   60D banc arrière.JPG

 

 

On avait un projet ensoleillé pour le banc avant. Les bancs arrières sont en larges planches pin sylvestre, le même qui a servi au bordage. Mais c'était trop simple.

 

 

 

 

 

60E pose des emboitures.JPG

 

 

On les a brodé d'emboitures en chêne, pour l'esthétique, mais aussi pour avoir un bois dur sur les coins qui sont sollicités. Les emboitures sont collées à l'époxy.

 

 

 

86 Lasure.JPG

 

 

Les bancs sont monolithiques et sont traités, lasure couleur chêne clair, à l'extérieur du bateau déjà peint. Ils seront vissés dans la serre de banc et les renforts transversaux.

 

Avant la pose définitive des bancs, nous avons rempli les coffres de pains de mousse de polystyrène extrudé (cellules fermées) pour la flottabilité du bateau.

 

 

 

89B l'ensemble.JPG   89A l'ensemble.JPG

 

 

La coque a reçu sa peinture finale : blanc avec une bande de décoration verte. Le pied de mât est percé dans le banc central, la dérive a rejoint son puits, certains taquets sont déjà en place. A ce stade, tout nouveau travail est suivi d'une séance d'aspirateur.

 

Les espars

 

 

 

70 encollage.JPG   71 assemblage.JPG

 

 

Les espars sont toujours en au moins deux parties contre-collées, colle époxy. Marque de fabrique de Cursus Voile et Patrimoine.

 

 

 

72 en collage.JPG   74 les taquets.JPG

 

 

La série de serre-joints est toujours aussi photogénique, le banc de collage est toujours parfaitement droit.

 

La manufacture de taquets a bien tourné, on peut équiper au moins 2 bateaux. Noter les gabarits qui permettent une certaine homogénéité dans la réalisation.

 

 

 

73 avirons.JPG

 

 

Les rames ont été shapées, leur fabrication est plus complexe qu'un mât droit, mais elles permettent des exercices mentaux de géométrie qui posent des questions intéressantes aux constructeurs :

 

la quadrature du cercle, le rabotage dans des parties concaves, le losange et son intempestif aplatissement... La construction d'espars quoi!

 

 

 

 

 

75 Gabarit safran.JPG   77 safran et barre.JPG

 

 

Le gouvernail aussi est construit sur gabarit, la barre est lamellé-collée sur un moule.

 

 

77 vue d'ensemble.JPG

 

 

 

78 callage pour dérive.JPG   80 Profil Naca dérive.JPG

 

 

La dérive est en bois massif, sappeli, avec des emboitures aux extrémités pour éviter le pourrissement par le bois debout. Tous nos appendices sont shapés profil NACA, peu importe l'épaisseur, il est toujours possible de le faire, ça aussi c'est une marque de fabrique Cursus Voile et Patrimoine.

 

 

 

82 atelier couture.JPG   83 fourrure cuir.JPG

 

 

La voile traditionnelle demande pas mal de corps de métiers, et là c'est le travail du cuir qui entre dans la danse : là où il y a ragage, nous le prévoyons en posant des renforts en cuir.

 

 

 

84Q le point sellier.JPG   85 la bôme.JPG

 

 

Ce renfort est cousu au point sellier, le fils rouge, c'est pour la déco, mais il est en polyester paraffiné.

La bôme est enfin équipée : renfort cuir, margouillets pour les poulies d'écoute, poulie pour étarquage de bordure, clam cleat pour amarrer la garcette.

 

 

 

 

Essais

 

 

88 Peinture extérieure.JPG

 

 

Dernière couche de blanc. Le bateau est posé sur un châssis simple roulant qui peut être posé sur des tréteaux de différentes hauteurs suivant les travaux à effectuer. On n'a pas envie de se casser le dos!

 

 

 

 

90 essai voile.JPG

 

 

La voile est arrivée, premier essai de la voile et du gréement dans la travée, plein de petites choses sont à mettre au point;

 

 

 

92 Mise à l'eau.JPG   93 Mesker dans ses lignes.JPG

 

 

Et puis par un bel après midi d'été, c'est le grand jour de la mise à l'eau.

 

 

 

94 à l'aviron.JPG

 

 

Deux postes de nage, les avirons sont des avirons à oeil, assez pratiques il faut dire.

 

 

95 à la voile.JPG

 

 

Nous y voilà, tous nos travaux prennent du sens, il a bel allure, il ira loin.

 

 

 

  

 

Le centre de formation Skol Ar Mor a construit le premier Mesker et avec l'architecte, il ont élaboré un magazine trés détaillé et intéressant sur la construction bois des bateaux. invitation-janvier-2016.png  Le-Bouvet-HS15-Bateaux.jpg

 

 

Si vous voulez faire construire votre Mesker, en bois massif ou en contre-plaqué, ou tout autre bateau  en bois d'ailleurs, vous pouvez     

 

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Gil Molininer charpentier de marine rejoint l'association Cursus Voile et Patrimoine

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